Travailler avec un cheval, ce n’est pas seulement lui apprendre des exercices. C’est avant tout apprendre à communiquer avec lui. Chaque cheval parle en permanence : il envoie des signaux, parfois minuscules, parfois évidents. Et ces signaux veulent tous dire quelque chose. Mais il ne faut pas oublier que nous aussi, en tant qu’humains, nous envoyons des signaux — souvent sans nous en rendre compte.
🌿 Voir les petits signaux avant qu’ils ne deviennent des “défenses”
Quand un cheval s’exprime et que personne ne l’écoute, il va parler de plus en plus fort. Au début, ce sont des micro‑signaux : une oreille qui se tourne, un muscle qui se crispe, un regard qui fuit. Si on ne les voit pas, il finit par “crier” :
- se cabrer,
- tirer,
- ruer,
- exploser émotionnellement.
On appelle ça des défenses, mais en réalité, ce sont juste des chevaux qui n’ont pas été entendus.
🤝 Lui montrer qu’on le comprend
Plutôt que de laisser le cheval chercher une “sortie” parce qu’il se sent incompris ou en insécurité, notre rôle est de lui montrer que désormais, on le voit et on l’écoute.
Quand il comprend que :
- on perçoit ses signaux,
- on respecte ses émotions,
- on prend en charge la gestion du monde autour de lui,
alors il n’a plus besoin de se débarrasser de nous ou de se protéger. Il peut se poser, se relâcher, et nous confier sa sécurité.
Mais pour ça, il faut commencer par être clair… avec nous‑mêmes.
🧘♀️ Tout commence à l’intérieur de nous
Un cheval lit nos intentions, nos émotions, notre état d’esprit, notre gestuelle. Nous, humains, on fait souvent l’inverse : on se concentre sur ce qu’on fait, pas sur ce qu’on ressent.
Si on est stressé, inquiet, tendu — même si on fait semblant du contraire — le cheval le saura. Et il aura une excellente raison de ne pas nous faire confiance.
Pour être un bon guide, il faut d’abord apprendre à se gérer soi-même.
🔗 La connexion avant l’exercice
Ce n’est pas faire l’exercice qui compte. Ce qui compte, c’est la connexion entre le cheval et nous.
Un cheval peut exécuter parfaitement un exercice tout en étant déconnecté, éteint, résigné. Ce n’est pas ce que je recherche.
Je veux sentir que le cheval est avec moi, pas juste qu’il “fait bien”.
Même marcher côte à côte est un moment de connexion. C’est là que tout commence.
🐎 Le travail à pied ne transforme pas un cheval en machine
Faire du travail à pied ou de “l’éthologie” ne rendra jamais un cheval insensible ou robotique. Un cheval reste un cheval, avec ses émotions, ses peurs, ses envies, ses limites.
En revanche, si ce travail est fait :
- avec réflexion,
- avec cohérence,
- avec respect,
- et sans tomber dans la résignation acquise,
alors il peut aider le cheval à :
- reprendre confiance en lui,
- développer ses capacités de réflexion,
- mieux comprendre ce qu’on attend de lui,
- et surtout, avoir confiance en nous.
Mais cela demande du temps. Parce qu’il faut d’abord s’apprivoiser soi-même, devenir quelqu’un de fiable, de stable, de cohérent.
🎯 Aller plus loin que le confort‑inconfort ou les friandises
Beaucoup de personnes se limitent à deux approches :
- le confort‑inconfort,
- ou les friandises à outrance.
Oui, ça fonctionne. Mais seulement en surface.
La relation que l’on peut construire avec un cheval peut être tellement plus profonde que ça. On peut créer un véritable échange, une communication subtile, une compréhension mutuelle.
🌱 Mon approche personnelle
Dans mon travail, j’essaye d’être la plus naturelle possible. Je commence toujours par identifier les tensions physiques du cheval, car un cheval tendu dans son corps ne peut pas être disponible dans sa tête.
Ensuite seulement, je construis la communication, la confiance, la connexion. Pas à pas. Avec patience, cohérence et respect.
